Covid-19 : Est-il possible d’être à nouveau infecté deux mois seulement après une contamination ?

Covid-19 : Est-il possible d’être à nouveau infecté deux mois seulement après une contamination ?
08 Avr. 2022

Les responsables en laboratoire mettent en garde contre une possibilité de réinfection moins de deux mois suite au premier test Covid-19 positif. Le comité scientifique suit ces cas encore difficilement quantifiables.

François Blanchecotte, président du Syndicat des biologistes, a annoncé cette mauvaise nouvelle sur France Info lundi soir : « Certaines personnes ont été atteintes du virus il y a un mois et demi environ et sont réinfectées. » Cela émet un doute au sujet de la politique sanitaire mise en place en assurant que le contact avec un malade du covid-19 est un risque insignifiant.

D’ailleurs, c’est ce que le site d’Assurance maladie a notifié.

 

 

Alerte d’une recontamination après quelques semaines

 

La disparité a indigné certains professionnels de la santé. "Nous avons maintenant un grand nombre de cas de recontamination, notamment après quatre à six semaines. Cependant, sur declare.ameli.fr, la vie est toujours rose en disant que cela n’est pas le cas, d’après le point de vue du biologiste médical Bio Saiyan sur Twitter.
 
« L’alerte a bien été entendue et nous le suivons de près », a déclaré Bruno Lena à Libération, virologue et membre du comité scientifique. Le thème de la recontamination au Covid-19 est fréquent. Jusqu'à aujourd’hui, nous sommes penchés sur les cas des personnes testées positives deux fois avec 60 jours d'intervalle. D’après une analyse du ministère français de la Santé publique, du 2 mars 2021 au 27 janvier 2022, 416 995 personnes ont été atteintes du covid-19 deux fois de suite. Cela représente 2,8% des cas observés au cours de la période d'étude. D’ailleurs, 80% de ces cas sont causés par l’apparition du variant omicron.

Celui-ci peut contaminer rapidement les personnes atteintes du coronavirus. La majorité de ces infections sont survenues plusieurs mois après le premier test positif. En moins de trois mois, seuls 7% ont contracté le Covid-19 deux fois.
 
Le problème de la réinfection rapide est plus difficile à analyser. En fait, des personnes peuvent demeurer positives pendant des semaines après la contamination. Vis-à-vis de cette situation, l'Agence de la santé britannique (UKHSA) a émis des exemples d’explication à Libération comme quoi une recontamination est définie par deux tests PCR positifs avec un intervalle de 90 jours ou trois mois minimum.

Concernant les autorités britanniques, ce n’est pas évident de déterminer cela comme une recontamination rapide. En France, la date butoir est fixée à 60 jours "pour prévenir une mauvaise interprétation de l'ARNm résiduel chez les patients", d’après Bruno Lina, qui prévoit de rabaisser ce délai à 45 jours afin de tenir compte de l'éventuelle émergence d'une réinfection rapide par omicron.

 

 

Le nombre des cas augmente

 

Cela est évident, toutefois avec quelle envergure ? Le variant de l'omicron aujourd’hui répandu en Europe a subi une évolution génétique. Une sous-lignée nommée BA.2 a pris la succession de la version originale BA.1. Cette variante s’avère facilement transmissible par rapport à la version précédente de l 'omicron, et possède également une capacité de surpasser le système immunitaire. « Des réinfections de BA.2 potentielles ont été identifiées à la suite d'une primo-infection BA.1 », a annoncé l'UKSHA dans un briefing du 11 mars.
 
Santé publique France veut éviter la panique concernant ces types de réinfections : « Si des infections BA.1 sont détectées suivies de réinfections BA.2, elles sont encore rares, autre facteur favorisant les infections croisées, une protection entre les deux sous-lignés. L'épidémiologiste danois Lone Simonsen a confirmé cette position. Son pays fut impacté par BA.2 en premier, et la scientifique a expliqué à Libération que les contaminations observées dans son pays sont en rapport avec des personnes ayant contracté le virus auparavant par des variantes plus anciennes comme delta, alpha...

 

 

Analyse de la recontamination rapide

 

Ces contaminations sont peut-être causées par la spécificité du BA.2, ou à une réponse immunitaire plus faible à omicron. Une analyse dans le sud de l’Afrique concernant uniquement 27 personnes souhaite démontrer que les anticorps produits en réponse à l'omicron étaient moins efficaces contre d'autres variantes. Carences partiellement corrigées chez les personnes vaccinées avant l'infection par omicron.
 
Néanmoins, il faudra surement s'habituer à voir le nombre de cas augmenter. Bruno Lina a précisé que 35 à 40 millions de Français ont été exposés au virus au moins une fois avec le taux d'incidence de 1.289 cas pour 100.000 habitants sur une période de sept jours. Ce qui est supérieur à tous les précédents à part l’omicron. Il est fort probable que des personnes déjà infectées courent un risque accru de contracter à nouveau Covid.
 

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